À travers trois chansons emblématiques :
- Pequeño vals vienés, mis en musique par Léonard Cohen
- Canción del jinete, mis en musique par Paco Ibañez
- Mi niña se fue a la mar, mis en musique par Paco Ibañez
le duo entreprend une traversée de l'Espagne comme un acte poétique et politique.
Ce voyage ne cherche pas à « ramener » physiquement Lorca en Espagne, puisqu'il y appartient déjà par son œuvre et sa mémoire. Il propose plutôt de ramener Lorca au cœur de l'espace public, de faire résonner sa parole dans les rues, sur les places et auprès des habitants, comme un hommage vivant à un poète assassiné pour ce qu'il représentait : la liberté de création, la liberté d'aimer et la liberté de penser.
|  |
|
L'itinéraire dessine une géographie de la mémoire.
- À Figueres, le projet évoque la rencontre intellectuelle et artistique entre Lorca et Salvador Dalí, l'une des relations les plus fécondes de l'avant-garde espagnole, marquée aussi par une profonde dimension affective.
-
À Benicàssim, il rejoint les racines familiales d'Isabel Puig, faisant dialoguer mémoire intime et mémoire collective.
- À Valence et Carthagène, ports ouverts sur la Méditerranée, il rappelle que les cultures se construisent par les circulations, les exils et les rencontres.
- À Grenade, ville natale de Lorca, le pèlerinage atteint son centre spirituel. C'est là que la voix du poète demeure la plus présente, malgré le silence imposé par son assassinat au début de la guerre civile espagnole.
- Enfin, Tarragone rappelle l'histoire des Chartreux réfugiés en Espagne après la Révolution française, symbole d'une Europe où les persécutions ont souvent conduit les femmes et les hommes à chercher refuge au-delà des frontières. Cette étape inscrit le projet dans une réflexion plus large sur l'exil, la transmission et la fraternité.
Le parcours est ponctué de concerts improvisés, de chants dans les rues. Il s'agit de redonner à la poésie sa place dans la cité.
|
|
Le projet prend aujourd'hui une résonance particulière
Dans un contexte où les discours de haine et les discriminations envers les personnes LGBT+ connaissent un regain dans plusieurs pays, Lorca demeure une figure universelle de résistance. Son homosexualité, longtemps passée sous silence, fait aujourd'hui partie intégrante de son histoire. Lui rendre hommage, c'est rappeler que la création artistique et la liberté d'aimer sont indissociables de la démocratie.
Ce pèlerinage devient ainsi un acte de vigilance contre l'homophobie, contre toutes les formes d'intolérance et contre les violences faites aux artistes et aux écrivains.
La présence de Pirouz Djoharian apporte une autre dimension au projet. Musicien venu d'Iran, il porte avec sa guitare une mémoire des cultures qui résistent elles aussi à la censure et aux atteintes aux libertés. Le dialogue entre une chanteuse française d'origine espagnole et un musicien iranien fait de ce voyage une traversée des frontières, où l'Espagne de Lorca rencontre la Méditerranée tout entière.
Le titre "Lorca, le chemin des voix" exprime cette ambition : faire de la route un espace de création, où chaque concert devient un hommage, chaque rue une scène, chaque rencontre un poème partagé.
Ce projet n'est pas un spectacle itinérant au sens classique. C'est un pèlerinage artistique, une marche de mémoire et d'espérance.
À travers les chansons de Federico García Lorca, le duo souhaite rappeler que la poésie demeure une forme de résistance, que la musique peut devenir un langage politique sans renoncer à la beauté, et que les voix des poètes continuent de traverser les siècles lorsqu'elles sont portées par celles et ceux qui refusent l'oubli.
Car chanter Lorca aujourd'hui, c'est défendre une idée simple mais essentielle : une société qui protège ses poètes, ses artistes et les libertés de chacun est une société qui demeure vivante.
Si vous voulez nous soutenir dans ce projet ?
Scannez ou cliquez !